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Réussir son acculturation

Réussir son acculturation - BATIR SON PROJET PROFESSIONNEL

09/02/2010

L’adaptation à une autre culture ne va pas de soi. C’est un processus plus ou moins long qui dépend de votre personnalité, du pays où vous allez, de votre mission,... Pour éviter les mauvaises surprises, une bonne préparation s’impose.

- Soyez psychologiquement prêt : l’acculturation comporte deux phases, l’une ascendante et l’autre descendante : « pendant les deux ou trois premiers mois c’est la période lune de miel, l’expatrié est fasciné par le pays d’accueil. Mais dans un second temps, il perçoit tous les inconvénients auxquels il doit faire face, et c’est à ce moment qu’il doit faire des efforts pour s’adapter », explique Nathalie Lorrain, directrice de la société Itinéraires Interculturels . Cette seconde étape dure entre trois et six mois et… nul n’y échappe, il faut en être conscient.
 
- Posez-vous les bonnes questions : quelles sont vos motivations profondes ? Cherchez-vous à fuir quelque chose ? Saurez-vous vous adapter à certaines contraintes ? Allez-vous arriver à vivre sans ce (et ceux) que vous laissez derrière vous ? Que va vous apporter cette expérience sur les plans personnel et professionnel ?...

- Méfiez-vous des préjugés et des attentes irréalistes : comme le souligne Claude Mulsant, directrice adjointe du Cercle Magellan , on pense souvent que la culture d’un pays proche géographiquement sera plus facile à appréhender. Détrompez-vous ! « Il faut se méfier de ses propres représentations, car on risque de tomber de haut une fois sur place », estime-t-elle. À cet égard, Nathalie Lorrain constate que les USA et l’Italie sont les deux pays où l’acculturation est la plus difficile… surprenant n’est-ce pas ?

- Connaissez vos atouts et vos limites : allez-vous facilement vers les autres ? Avez-vous peur du changement ? Êtes-vous plutôt introverti ou extraverti ? Que préférez-vous/qu’aimez-vous le moins dans l’exercice de votre métier ? Qu’avez-vous à apporter à l’entreprise ? Parlez-vous une ou plusieurs langues étrangères ? Quel sera votre budget ? Avez-vous voyagé souvent par le passé ?...

- Assurez-vous que votre conjoint ne se « sacrifie » pas : « on constate qu’une intégration non réussie trouve souvent son origine dans les difficultés d’adaptation du conjoint ou des enfants », souligne Claude Mulsant. Tandis que celui qui est missionné est rapidement pris dans le bain professionnel, le conjoint, lui, peut avoir du mal à retrouver du travail, se sentir seul,... Ajoutons également que l’expatriation est révélatrice des difficultés du couple : si ce dernier est fragile, les choses ne pourront qu’empirer.

- Informez-vous sur le pays d’accueil : vous devez connaître l’histoire et la géographie du pays qui vous accueille, son actualité ou encore ses principaux courants politiques. Vous avez aussi tout intérêt à vous initier à la langue, au risque de vous retrouver complètement perdu à l’arrivée. Dans l’idéal, effectuez également un « voyage de reconnaissance ».

- Commencez à tisser votre toile : avant même votre départ, commencez à constituer votre réseau. Prenez contact avec le consulat, l’ambassade de France, différentes associations de Français à l’étranger... Ces interlocuteurs pourront répondre à vos questions et vous vous sentirez moins seul à votre arrivée.

- Informez-vous sur les gestes à éviter : hors de question de commettre un impair et de donner une mauvaise première impression ! Dans certains pays, on ne dit jamais non en affaires, dans d’autres les relations au travail revêtent toujours un aspect consensuel... informez-vous sur ces us et coutumes pour éviter de choquer vos futurs collaborateurs.

- Renseignez-vous sur les éventuelles règles de sécurité : certaines destinations à risque impliquent le respect de quelques règles de sécurité. Vous pourrez notamment les consulter sur le site du Ministère des affaires étrangères.

- Pensez au retour : oui, déjà, car il peut s’avérer difficile. « Les repères antérieurs sont perdus, et alors que dans le cadre de son travail à l’étranger on a bénéficié d’une large autonomie, il n’en est pas toujours de même une fois de retour en France », prévient Claude Mulsant. Esquissez donc votre « futurum vitae » : analysez la façon dont vous allez valoriser cette expérience à l’étranger et auprès de quels employeurs.
 

 

Et si je ne me sens pas bien une fois sur place ?

Certains n’arrivent pas à « remonter la pente » pendant la phase dite descendante. Ce n’est pas la majorité, mais sachez que les symptômes d’une mauvaise adaptation ressemblent à ceux de la dépression : somatisation, envie de dormir, tensions avec son conjoint, paranoïa… L’alcoolisme est également fréquent chez les expatriés qui se sentent mal dans leur pays d’accueil.

Mais pas de panique, il existe des remèdes. Nathalie Lorrain conseille avant tout d’en parler. À vos proches, vos amis, un autre expatrié qui a vécu la même chose (surtout pas quelqu’un qui est dans le même état d’esprit !). Vous pouvez aussi vous investir dans une activité sportive, ou encore jouer les touristes pour renouer avec l’enthousiasme du début.

 

Le saviez-vous ?

Certaines entreprises proposent des formations à l’interculturalité à leurs VIE, principalement ceux qui partent pour des destinations jugées difficiles – lorsque les rouages des milieux d’affaires sont particulièrement compliqués à décoder par exemple. « Les VIE, en général jeunes et peu expérimentés, peuvent parfois tomber dans certains pièges, au plan professionnel comme au plan personnel. Il est important de ne pas les laisser partir la fleur aux dents », estime Nathalie Lorrain.

 

Pour aller plus loin :

S’expatrier en toute connaissance de cause, Jean-Luc Cerdin, Eyrolles, 2007

-    L’étude de Geert Hofstede, une mine d’informations
-    Le projet de recherche The Globe : 170 chercheurs issus d’une soixantaine de cultures différentes analysent les relations entre culture, culture d’entreprise et leadership


   

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