Pour un jeune Français voulant s’expatrier, l’Union Européenne est une aubaine car elle facilite grandement la mobilité au sein des pays membres.
L’Europe est sans conteste le continent privilégié pour l’expatriation des jeunes Français, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, du fait de sa situation géographique : on le sait, les états ont tendance à commercer en priorité avec leurs voisins proches.
Située au centre de ce que l’on appelle couramment la "mégalopole européenne" ou "axe rhénan", la France est au cœur des économies les plus florissantes du continent, et donc des pays les plus pourvoyeurs d’emplois.
L’autre élément qui rend le marché de l’emploi européen très attractif pour les candidats français est bien sûr la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux dans les 27 pays membres de l’UE.
Cette libre circulation facilite d’une part l’installation d’entreprises françaises en Europe, et d’autre part, le recrutement de candidats français par des entreprises étrangères implantées en Europe.
LE CAS DU GROUPE PSA PEUGEOT-CITROEN
Stéphane Gire, responsable du recrutement et des relations écoles pour le groupe PSA Peugeot-Citroën, explique que 80 % des VIE recrutés par PSA le sont en Europe. « Nous avons 200 VIE dans le monde, dont environ 160 en Europe. On assiste à une forte croissance à l’est, notamment en Slovaquie, mais aussi et surtout en Russie, qui comptera 16 % des VIE du groupe en 2011 ».
C’est que PSA a mis en service en avril dernier son joint-venture avec Mitsubishi, à Kaluga en Russie. « Cette coopération franco-russe peut être une belle occasion pour des jeunes de se faire une expérience à l’international », souligne-t-il en précisant que le VIE est la voie royale en la matière.
« En termes de recrutement direct, nous embauchons peu de jeunes pour une première expérience à l’étranger. Nous privilégions le VIE avec, pour ce qui concerne la Russie, un contrat de départ de 18 mois et la possibilité de le prolonger de 6 mois. Au terme de ces 24 mois, environ 10 % des VIE intègrent le groupe. »
Pour ces VIE en Russie, 85 % des recrutements se font pour l’ingénierie et la R&D. « En plus des compétences propres à leur métier, explique Stéphane Gire, les candidats doivent impérativement être anglophones, mais surtout faire preuve d’une grande adaptabilité et de capacités managériales car il s’agira de transférer les savoir-faire vers la main-d’œuvre locale en tentant de concilier des cultures et des modes de fonctionnement très différents. »
DES PROFILS VARIES
Gilles Lechantre, responsable de la mobilité internationale chez Manpower, souligne que les travailleurs diplômés et qualifiés sont bien placés pour séduire les recruteurs européens. « Nous recrutons beaucoup de candidats à bac +4/5, notamment des profils informatiques pour des sociétés basées en Hollande et au Royaume-Uni. »
Pour autant, il précise que des jeunes moins qualifiés peuvent aussi saisir des opportunités : « nous avons des candidats à bac +2 ou moins qui partent en Europe pour se forger une expérience internationale. Beaucoup d’offres d’emploi dans des centres d’appels sont notamment proposées en Europe de l’Est ou en Irlande ».
« L’expatriation en Europe n’est pas réservée aux cadres, confirme Oliver Sheppard, chargé de mission au pôle emploi international (PEI). Ces derniers ne représentent que 20 % des postes que nous proposons, et les agents de maîtrise 10 %. Les 70 % restant sont des postes d’employés, le plus souvent situés dans les pays limitrophes de la France ».
Evidemment, l’anglais courant ou la maitrise de la langue locale est un atout de taille, sinon une nécessité pour la plupart de ces postes.