Tant au Brésil qu’en Argentine ou au Mexique, les recrutements internationaux s’orientent surtout vers le personnel d’encadrement et les métiers techniques spécialisés. La crise n’a cependant pas eu les mêmes impacts sur ces trois pays : le Brésil est toujours en pleine croissance tandis que le Mexique s’en remet difficilement.
BRESIL & ARGENTINE : 2 MOTEURS DE L’ECONOMIE SUD-AMERICAINE
Selon David Goulet, consultant international pour le cabinet Hays, « les deux grands pôles d’attraction en Amérique Latine sont actuellement l’Argentine et le Brésil, notamment dans les secteurs très pointus, tels que l’industrie gazière et pétrolière au Brésil ». Dans ces deux pays, les fonctions où la demande en travailleurs étrangers est la plus forte sont les métiers techniques dans l’aéronautique, la sidérurgie ou encore l’informatique.
Dans l’automobile, le groupe PSA Peugeot Citroën affiche notamment l’objectif à court terme de 500 000 véhicules produits annuellement en Amérique Latine. Le groupe produit déjà localement dans ses usines de Porto Real au Brésil et Palomar en Argentine. Stéphane Gire, responsable du recrutement et des relations grandes écoles pour PSA, souligne d’ailleurs que « les deux seuls pays sud-américains où le groupe recrute des VIE sont l’Argentine et le Brésil, qui concentrent 5 % de ses VIE dans le monde, soit environ 40 personnes ».
Tout concourt à faire du Brésil, qui couvre à lui seul la moitié du territoire et représente la moitié de la population de l’Amérique du Sud, l’un des colosses du siècle à venir. Son fort taux de croissance (estimé à 6,5 % pour 2010, selon le Ministère des Finances) et sa politique de réduction des inégalités entamée en 2002 en font un marché très attractif pour les entreprises françaises. Selon l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), on y retrouve 350 PME françaises employant 250 000 personnes ainsi que 35 des 40 entreprises du CAC.
MEXIQUE : UN MARCHE DE L’EMPLOI EN DEMI-TEINTE
Medhi Meradji, responsable de la bourse du travail à la Chambre franco-mexicaine de Commerce et d’Industrie, nous livre une analyse nuancée sur le Mexique. « Tout d’abord, le Mexique se remet difficilement de la crise économique qui l’a durement touché en raison de sa dépendance économique vis-à-vis des Etats-Unis. Puis il y a eu l’épisode de la grippe A, et enfin les problèmes sécuritaires que connait actuellement le pays ».
Autant de raisons pour rester mesuré quant à la santé économique du Mexique, même s’il reconnaît volontiers qu’il s’agit d’un pays en pleine expansion avec un gros potentiel et un marché intérieur important (l’économie mexicaine était la 12ème économie mondiale en 2009).
Les candidats étrangers restent très recherchés dans les métiers où la formation est insuffisante sur place, tels que l’ingénierie, la finance, le BTP et les métiers scientifiques. De même, de nombreux postes d’encadrement sont à pourvoir pour assurer le transfert de compétences vers la population locale.
Medhi Meradji tient enfin à avertir les candidats sur certaines particularités du pays : « le rapport au travail et à ses collègues est tout autre au Mexique qu’en France, de même que la culture. Par exemple, l’ascension professionnelle y est souvent facilitée. Je conseille aux candidats de venir faire un premier séjour au Mexique avant de s’expatrier. »