Les liens historiques qui unissent la France à l’Afrique font de ce continent un terrain privilégié pour les Français désireux de s’expatrier. Parce qu’on y trouve une forte présence des entreprises françaises, d’abord, mais aussi parce que le français y est parlé dans plus de trente pays.
Dans les économies les plus développées du continent africain, on assiste à un véritable essor de l’industrie. Renault a par exemple annoncé la mise en service d’une usine à Tanger (Maroc) en 2012. « L’industrie en général, mais aussi le BTP, l’aéronautique ou l’industrie pétrolière et gazière sont des secteurs très porteurs pour lesquels les entreprises recherchent des candidats diplômés et qualifiés, explique David Goulet, consultant international pour le cabinet Hays. Les pays où la demande est la plus forte sont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Angola, la Guinée-Equatoriale, pour citer les principales économies en relative bonne santé.
En somme, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, exceptés les pays où l’AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) est trop présent, faisant courir un risque aux ressortissants étrangers. »
Paul Mercier, responsable recrutement chez Michael Page Africa, est plus mesuré au sujet des économies dites en bonne santé : « les pays qui ont un fort potentiel de développement, tels que ceux du Maghreb, ont tendance à vouloir former leur jeunesse plutôt que de recruter des étrangers ». Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de postes pour les jeunes Français, mais ces derniers sont restreints et concernent surtout des fonctions à responsabilités.
Mais s’il est un point sur lequel ces deux experts s’accordent, c’est la pertinence du Volontariat International en Entreprise sur le continent africain. Car les incertitudes économiques et géopolitiques poussent les entreprises à favoriser le VIE, moins coûteux et moins risqué que les contrats classiques. Selon Paul Mercier, c’est « la voie royale pour les entreprises, qui savent que leurs VIE seront plus tard de bons expatriés».
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Paul Mercier tient à avertir les candidats souhaitant s’expatrier en Afrique : « il faut savoir que l’immense majorité des étrangers qui viennent travailler en Afrique est constituée de professionnels qui ont 8 à 12 ans d’expérience, les jeunes diplômés représentent un infime pourcentage des expatriés ».
Les deux principaux cas de figure où les entreprises ont recours à de jeunes expatriés sont d’une part pour assurer les fonctions supports de l’entreprise (direction commerciale, finance, management…), et d’autre part, pour gérer les « acquisitions de business », c’est-à-dire pour réaliser la prospection et l’acquisition de nouveaux clients.
«Concernant les acquisitions de business, précise Paul Mercier, il y a deux critères pour qu’une entreprise ait recours à un jeune expatrié : que le business soit de petite taille et qu’il ne soit pas très chargé technologiquement, car cela limite les risques ». Ce genre de missions est généralement confié à des candidats au profil généraliste tels que des jeunes commerciaux.
Pour ce qui est des fonctions support, David Goulet, partage l’avis de Paul Mercier : « les entreprises françaises aiment recruter leurs ressortissants pour certains postes-clés tels que directeur commercial ou financier, d’abord parce que ces compétences font parfois défaut localement ; ensuite parce que les formations françaises dans ces domaines sont très réputées ».