Trouver la perle rare pour occuper un poste à pourvoir à l’étranger n’est pas une mince affaire. Potentiel, compétences linguistiques, autonomie, maturité sont autant de critères à prendre en compte chez un candidat.
Partir travailler à l’autre bout du monde ne s’improvise pas et peut se transformer en une expérience infructueuse si le projet n’a pas été mûri… Avant toute chose, vous devez vous assurer de la solidité du projet professionnel du candidat que vous avez en face de vous. Ainsi que de sa motivation. Le candidat a-t-il bien réfléchi aux enjeux ? Présente-t-il son projet avec une conviction chevillée au corps ? A-t-il les épaules suffisamment solides pour s’adapter à un nouvel environnement de travail ? « Il faut s’assurer que ce départ n’est ni un caprice, ni une simple envie et que le candidat a mené un vrai travail de réflexion, explique Jean-Pierre Scandella, directeur associé du cabinet Arrowman. D’autant plus si le poste est à pourvoir au sein d’une zone isolée ou à risques ».
Par ailleurs, vous devez déceler, chez lui, un « potentiel ». C’est-à-dire une aptitude à développer un savoir-faire (managérial, technique, commercial…) ainsi qu’« une capacité à prendre rapidement des responsabilités, fondamentale pour exercer à l’étranger », précise Jean-Pierre Scandella.
Ouverture d’esprit et autonomie
Durant le premier entretien de recrutement, outre ses compétences techniques, étudiez la capacité d’ouverture d’esprit du candidat. Cette qualité, essentielle, doit transparaître dans son parcours professionnel. S’il exprime un intérêt fort pour le pays convoité, vérifiez s’il y a déjà séjourné par le biais du programme Erasmus, de stages, de missions… De même, assurez-vous qu’il a déjà effectué quelques démarches, même minimes, prouvant sa bonne volonté. Est-il déjà entré en contact avec des associations locales d’expatriés pour se renseigner sur la culture du pays ou sur les conditions de travail ? Parle-t-il déjà la langue ? Car s’expatrier durant plusieurs mois en Angleterre sans pour autant parler la langue de Shakespeare peut être un véritable frein.
Quelle que soit la fonction, le candidat doit également savoir faire preuve d’autonomie. « Un salarié peut, lorsqu’il travaille au sein du siège de son entreprise, compter sur ses pairs pour mener à bien un projet. Toutefois, s’il intègre, une entreprise de 20 personnes à l’autre bout du monde, il devra faire preuve d’autonomie et de polyvalence. Car même si l’intitulé de poste est le même, son contenu sera sans doute différent… », rappelle Jean-Pierre Scandella.
La clé de la réussite ?
Les entretiens croisés ! « Les recrutements à l’échelle internationale font généralement l’objet d’entretiens plus fouillés que ceux réalisés à l’échelle locale », admet le directeur du cabinet. Pour être certain de choisir le bon profil et pour s’assurer de la motivation du candidat, n’hésitez pas à organiser plusieurs entretiens avec différents intervenants. Vous pourrez ensuite croiser leurs observations lors d’un débriefing collégial. Un ingénieur logistique pourra, par exemple, être reçu une première fois par le DRH puis par le responsable du service concerné et éventuellement « par un manager ayant vécu une expérience à l’international », conclut-il.